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Geektitude · Le bon geste

Windows : régler le son de chaque appli d’un coup de molette

Une molette, plusieurs applications : un petit raccourci révèle ce qui manque parfois aux grandes interfaces.

Avec Windhawk, le réglage du son se rapproche de l’icône de l’application. Le confort tient à un geste — et à quelques précautions.

GeektitudeWindows15 janvier 2026
Illustration générée par IA : une molette de souris et trois rubans sonores imaginaires roses, menthe et orange.
Illustration générée par IA : métaphore du réglage de plusieurs sons, ni capture Windows ni interface Windhawk.

Une application qui « change la vie » parce qu’elle permet de baisser le son : le titre de Clubic me fait sourire. On pourrait attendre une révolution acoustique. Il est surtout question d’une molette de souris et de la distance entre une intention toute simple et le bouton qui permet de l’exécuter.

Imaginons une playlist trop présente pendant qu’une vidéo explique quelque chose. Baisser tout le PC règle le problème de la musique… et rend aussi la vidéo moins audible. Ce que l’on veut, ce n’est pas forcément moins de son. C’est reprendre la main sur le bon son.

Ce petit détour m’intéresse davantage que la promesse spectaculaire. Pourquoi une fonction déjà disponible devient-elle soudain attirante lorsqu’on change seulement l’endroit où elle se commande ?

Windows sait déjà séparer les voix

Il faut commencer par rendre à Windows ce qui lui appartient. Le système propose un réglage du volume par application. Microsoft a notamment déployé un mélangeur amélioré dans les paramètres rapides avec sa mise à jour du 26 septembre 2023. Le raccourci Windows + Ctrl + V y donne accès sur les versions équipées.

On peut donc régler séparément une application musicale et un navigateur sans installer de nouvel outil. Le mélangeur permet aussi de changer de périphérique audio. Présenter le réglage séparé comme une invention que Microsoft aurait totalement oubliée ferait disparaître une bonne partie du sujet.

La différence se situe ailleurs : ouvrir un panneau pour modifier un curseur n’est pas exactement le même geste que toucher directement l’icône de ce qui dérange. La fonction existe dans les deux cas ; le chemin mental, lui, change.

Je trouve cette distinction utile. Une interface peut contenir tous les réglages nécessaires et rester peu évidente au moment précis où on en a besoin. Le catalogue des possibilités ne raconte pas toute l’expérience.

La molette revient au bon endroit

Le module Taskbar Volume Control Per-App, développé par m417z pour Windhawk, vise Windows 11. Faire défiler la molette sur le bouton d’une application dans la barre des tâches ajuste son volume. Ctrl + clic peut couper ou rétablir son son ; une infobulle indique le niveau.

Le pas de réglage est configurable, et une option impose de maintenir Ctrl pendant le défilement. Ce détail me paraît aussi intéressant que le raccourci : un geste facile à déclencher doit pouvoir rester volontaire.

L’idée n’est ni d’améliorer la qualité sonore ni de transformer la souris en console de studio. Elle consiste à rapprocher la commande de l’objet auquel on pense. Pour reprendre notre scène imaginaire, on vise l’application musicale plutôt qu’un réglage général.

Le confort éventuel dépend donc des habitudes. Quelqu’un qui connaît parfaitement le mélangeur ou utilise déjà une commande dédiée n’y gagnera pas forcément grand-chose. Un raccourci n’est pas universel simplement parce qu’il est astucieux.

Deux volumes, deux commandes

Un second module, Taskbar Volume Control, agit sur le volume global par défilement sur la barre des tâches. Les noms se ressemblent, mais leur cible diffère : une application dans un cas, la sortie générale dans l’autre.

Les deux peuvent cohabiter si leurs gestes sont séparés, par zone ou avec Ctrl. Si tous deux réagissent au même geste, le module global prend le dessus, précise la documentation du module par application. Mieux vaut donc choisir une règle compréhensible que multiplier les raccourcis concurrents.

Autre limite : sans session audio active détectée, le réglage par application affiche « No audio session ». La présence d’une icône ne garantit pas qu’un volume exploitable soit disponible. La notice du module global signale aussi des difficultés avec certains pavés tactiles ; le pincement peut constituer un contournement.

Ce sont de petites réserves, mais elles changent la promesse. On n’a pas une molette magique contrôlant n’importe quel son dans toutes les circonstances. On a un geste ajouté à une interface, avec ses conditions de fonctionnement.

Le raccourci a aussi un coût

Windhawk n’est pas une simple case cachée dans les paramètres Microsoft. Sa documentation technique décrit un mécanisme d’injection de code dans des processus pour y charger des modifications. Les modules audio concernés ciblent explorer.exe, le processus qui porte notamment la barre des tâches.

Cette approche permet d’intervenir là où les réglages ordinaires ne suffisent pas. Elle ajoute aussi une dépendance à du code tiers. La documentation reconnaît des incompatibilités possibles avec des programmes ou des logiciels de sécurité. Ce n’est pas la preuve d’un logiciel malveillant ; ce n’est pas non plus un détail à effacer au nom du confort.

Je ne conseillerais donc pas de désactiver une protection pour gagner un geste. Sur un ordinateur professionnel administré, la règle de l’organisation passe avant l’envie de personnalisation. Sur une machine personnelle, savoir désactiver le module et retrouver le mélangeur natif me semble un minimum raisonnable.

L’intérêt se mesure alors à la fréquence réelle du besoin. Installer et entretenir une couche supplémentaire pour une gêne rare peut coûter plus d’attention que cela n’en économise. Pour un geste répété, le calcul peut être différent, sans qu’on ait besoin de le baptiser révolution.

Ce que les petits gestes révèlent

Ce qui me reste de cette lecture, c’est l’écart entre avoir une possibilité et l’avoir sous la main. Dans un logiciel, la simplicité n’est pas toujours une fonction de moins. C’est parfois la bonne action, au bon endroit, avec un résultat suffisamment visible pour ne pas hésiter.

Mais rendre une commande directe ne résout pas automatiquement tout. Il faut aussi qu’elle soit découvrable, qu’elle n’intercepte pas un autre geste attendu et qu’on puisse revenir en arrière. Un raccourci invisible peut devenir aussi mystérieux que le menu qu’il voulait remplacer.

Je comprends donc l’enthousiasme pour cette petite modification, sans reprendre l’accusation d’un Microsoft qui n’aurait jamais pensé au mélangeur. Le point intéressant est plus précis : des utilisateurs souhaitent agir depuis l’objet affiché, plutôt que partir à la recherche d’un réglage ailleurs.

Reste cette question, assez quotidienne finalement : combien de nos logiciels gagneraient à mieux placer ce qu’ils savent déjà faire, avant d’ajouter encore une nouvelle fonction ?