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Les objets à IA peuvent-ils remplacer le smartphone ?

Des lunettes, une bague ou un enregistreur peuvent nous épargner certains gestes sur le téléphone. Leurs services et leurs abonnements disent jusqu’où va cette autonomie.

Avant de remplacer le téléphone, ces objets lui empruntent des tâches.

TechObjets connectés4 novembre 2026
Des lunettes, un petit enregistreur et un téléphone brodés dans les poches d’une veste.
Illustration textile créée avec l’IA pour évoquer les objets connectés qui se partagent nos poches.

Dans Tech Café, mon podcast préféré avec Guillaume Vendé et Guillaume Poggiaspalla, il est question de « bidules ». J’aime bien le mot. Il convient à ces petits objets bourrés d’IA qui veulent prendre une partie de la place du smartphone. Une bague, des lunettes, un pendentif. À chaque fois, j’ai envie de poser la même question. Est-ce que je peux laisser le téléphone chez moi, ou est-ce que je vais seulement le sortir un peu moins ?

Les lunettes déplacent le geste

Les Meta Ray-Ban Display donnent une idée de ce déplacement. Meta présente un affichage intégré à la monture et un bracelet capable de détecter certains gestes de la main. Il devient possible de consulter certaines informations sans sortir un écran de sa poche. Je vois très bien l’intérêt quand on marche et qu’on veut vérifier une indication.

La monture change le point de contact avec le service. Pour juger son autonomie, il faut ensuite regarder l’application associée, la connexion nécessaire, les fonctions accessibles dans son pays et ce que l’on pourra faire lorsque la batterie sera vide. Le fait de ne plus tenir l’écran à la main ne répond qu’à la première de ces questions.

La bague a un travail plus précis

Avec une bague Oura, l’objet se spécialise. Il est porté assez longtemps pour recueillir des données sur le sommeil et l’activité. L’application permet de les consulter. L’aide du fabricant explique que les possibilités sont plus limitées sans adhésion et que celle-ci ouvre l’accès à des données et à des analyses plus détaillées.

On peut trouver ce partage des rôles assez logique. Je préfère porter une bague pour recueillir des mesures et ouvrir un écran quand je veux les examiner. Mais dans ce cas, le téléphone garde une place dans l’usage. La bague a trouvé une tâche que le téléphone fait mal quand il reste sur la table de nuit.

Ce que l’on achète et ce que l’on loue

Plaud propose une séparation encore plus visible entre objet et service. L’enregistreur peut continuer à capter du son même quand le quota de transcription est épuisé. Pour transformer l’audio en texte, les formules de Plaud fixent des volumes mensuels, avec un niveau inclus et des possibilités payantes. La capacité que l’on utilise au quotidien vient donc en partie du matériel et en partie d’un service dont les conditions peuvent évoluer.

Il existe aussi des contre-exemples à l’abonnement systématique. Rabbit présente son r1 sans abonnement obligatoire pour son service. Ce modèle répond à la question de la facturation mensuelle. Celle de la connexion et de la durée du service se pose encore.

Les gestes courts trouvent leur place

En regardant ces objets, je vois mieux ce qu’ils peuvent prendre au smartphone. Une capture, un rappel, une mesure, une demande orale. Chaque fois, le geste est assez court pour qu’un appareil spécialisé puisse le rendre plus simple.

Le téléphone conserve un avantage quand la tâche s’allonge ou change en cours de route. Comparer deux documents, reprendre une adresse, relire un texte et l’envoyer à la bonne personne demandent plusieurs interactions. Un écran, un clavier et des applications que l’on connaît offrent encore une combinaison difficile à remplacer pour ces enchaînements. Et un micro ou une caméra portés en permanence changent aussi la situation pour les gens autour de nous.

Le test de la poche

Pour savoir où on en est, je reviens à mon test de départ. Si je laisse le téléphone chez moi, qu’est-ce que le bidule continue à faire ? Est-ce que je récupère les données dans un format que je peux garder ? Et si j’arrête de payer, quelle partie de l’objet me sert encore ?

J’imagine volontiers certains de ces appareils prendre place dans ma poche ou sur mon nez. La question qui me reste, c’est de savoir combien d’objets j’ai envie de charger et de gérer pour sortir le téléphone un peu moins souvent.