Qualcomm s’offre Arduino : la framboise doit-elle commencer à trembler ?

Par Zed pour Znotes.fr

Introduction

Je ne suis pas un maker assidu, ni un développeur chevronné. Pourtant, je dois avouer avoir suivi la vie du Raspberry Pi avec beaucoup d’attention depuis des années. Mes projets pros autour de la gestion d’écrans à distance m’ont fait apprécier ces petites framboises : robustes, fiables, et surtout avec un rapport qualité-prix difficile à battre.

Je n’ai jamais vraiment mis les mains dans Arduino — sauf avec ces petits robots programmables offerts à Noël à mon fils (que j’ai, entre nous, bien plus utilisés que lui). Mais voilà que j’apprends que Qualcomm rachète Arduino, et là, mon radar se met à clignoter. Belle opération sur le papier, mais qu’est-ce que ça va changer pour le monde des petits ordinateurs de bord ? Et surtout, le Raspberry Pi va-t-il devoir revoir sa stratégie ?

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1. Qualcomm met la main sur Arduino : un rachat qui pèse lourd

Le 7 octobre 2025, Qualcomm a annoncé l’acquisition d’Arduino, la marque open-source historique des microcontrôleurs. Pas de montant officiel communiqué, mais une intention claire : s’imposer sur le segment de l’électronique embarquée “intelligente”. Arduino, de son côté, promet de rester fidèle à son ADN open-source. On connaît la chanson — reste à voir comment cela tiendra dans la durée.

L’UNO Q, une carte hybride ambitieuse

Les specs sont déjà alléchantes :

L’UNO Q veut clairement bousculer le paysage : plus puissant qu’un microcontrôleur traditionnel, mais plus économe qu’un mini-PC complet. Bref, le meilleur des deux mondes, du moins sur le papier.

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2. Raspberry Pi : la framboise toujours solide, mais moins seule

Pendant ce temps, Raspberry Pi continue de régner sur son territoire : un mini-ordinateur complet, capable de faire tourner un OS, gérer des interfaces, piloter des écrans, et tenir des années sans broncher.

Ses atouts :

Ses limites :

Jusqu’ici, ces petits défauts n’étaient pas gênants — faute de concurrence crédible. Mais avec Qualcomm dans la partie, la donne change : l’UNO Q vient marcher pile entre deux mondes. Et ça, c’est nouveau.

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3. Le choc des mondes : SBC vs Edge AI

Ce rachat illustre un virage plus large : la convergence entre microcontrôleurs et mini-ordinateurs.

L’Edge computing, nouveau terrain de jeu

L’objectif est clair : ramener l’intelligence au plus près du capteur — sur l’appareil lui-même.

Et c’est là que le savoir-faire de Qualcomm (et ses puces mobiles ultra-optimisées) peut faire la différence.

Une nouvelle concurrence “douce mais réelle”

L’UNO Q ne remplacera pas un Raspberry Pi 5 dans un projet d’affichage 4K ou un petit serveur web. Mais pour tout ce qui relève du pilotage d’objets connectés, de la robotique, ou de l’analyse locale de données, elle pourrait devenir une alternative sérieuse. Surtout si Qualcomm aligne les prix et assure une production stable (ce que Raspberry Pi a parfois eu du mal à garantir ces dernières années).

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4. Ce qui pourrait vraiment changer

Plus qu’un simple “produit concurrent”, ce rachat pourrait redistribuer les cartes à moyen terme. Voici les points à surveiller :

L’ouverture réelle de l’écosystème

Arduino jure que tout restera open-source. Mais Qualcomm, mastodonte industriel, est loin d’être un champion du libre. Si l’ouverture se restreint, certains développeurs pourraient se replier vers Raspberry Pi.

La montée de l’IA embarquée

Si Arduino devient la référence pour des projets intégrant IA, vision et apprentissage local, Raspberry Pi devra réagir.

La bataille du prix

À 44 $, l’UNO Q est déjà dans le territoire du Pi Zero 2 W et pas si loin d’un Pi 4 d’entrée de gamme. Si les performances suivent, cela pourrait forcer Raspberry Pi à ajuster ses tarifs.

La fiabilité industrielle

Qualcomm a les moyens de produire en masse et de garantir des chaînes d’approvisionnement stables. C’est là que le Raspberry Pi, fondation plus modeste, pourrait souffrir.

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5. La framboise survivra-t-elle ?

Soyons clairs : Raspberry Pi n’est pas mort. Sa communauté, son écosystème et sa simplicité d’usage sont des atouts colossaux. Mais il devra sans doute se réinventer un peu, ou du moins s’adapter à un monde où “le petit Arduino” est devenu une plateforme IA–Linux-compatible propulsée par un géant des semi-conducteurs.

De mon côté, je reste fidèle à mes framboises — elles m’ont sorti de bien des galères et tournent encore comme des horloges dans mes systèmes d’affichage. Mais je vais garder un œil sur l’UNO Q, juste par curiosité professionnelle (et geek, soyons honnête). Parce que si Arduino réussit son pari, le paysage de l’électronique embarquée va devenir bien plus excitant — et peut-être un peu plus piquant pour la framboise.